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Plaisirs coupables

- 21 mai 2010

L’hiver dernier, après un périple nordique au volant d’une smart, mon confrère Sylvain Raymond signait un blogue sur le plaisir de conduire, plaisir perdu s’il en est un.

Pas plus tard que la semaine dernière, alors que je commençais à pester contre l’automobile, cette invention diabolique, coincé que j’étais dans le trafic de Montréal, je me suis rappelé ce blogue de Sylvain. Effectivement, l’Humain contemporain semble avoir oublié qu’il fut un temps où conduire était une véritable cure de plaisir. Dès les débuts de l’automobile, de nombreux auteurs ont vanté l’ivresse ressentie au volant d’une voiture sans chevaux.

Cent ans plus tard, alors que les manufacturiers basent leurs campagnes de publicité sur le plaisir de conduire, on ne sait plus s’amuser au volant. Je ne parle pas ici des plaisirs interdits : belles traces noires sur l’asphalte qui laissent un délicat parfum de caoutchouc brûlé, sonorité sublime d’un gros V8 américain en pleine action, amorce de dérapage dans une belle courbe, etc. Notre société n’accepte plus ces folies et c’est dommage. Maintenant, une voiture doit être sage, confortable, économique, verte, sécuritaire. Bref, tout le contraire de tout ce que l’industrie automobile nous avait habitués avant 1980.

Mais il reste un plaisir encore accessible. Un plaisir qu’il faut cependant réapprendre. Celui de la conduite, simplement. Au risque de brûler quelques litres d’essence, partir pour la campagne une belle journée d’été, rouler sur des routes inconnues, vitres baissées, radio à tue-tête ou fermée selon le feeling du moment. Pas besoin d’une voiture sport, ou luxueuse. Une automobile est composée de quelques milliers de pièces différentes. Toutes ces pièces s’unissent pour déplacer une boîte sur roues dans laquelle prennent place des humains qui doivent se rendre d’un point A à un point B. Ceci devrait suffire, même en 2010, pour mériter notre respect, que l’on possède une BMW flambant neuve ou une Cavalier 1995.

Non mais faut-tu être fou…

- 7 mai 2010

Il y a à peine quelques jours, une Bugatti Type 57SC Atlantic a été vendue plus de 30 000 000$. C’est beaucoup, beaucoup d’argent pour un tas de tôle… On a beau dire que cette Bugatti n’a été produite qu’à quatre exemplaires (seulement trois seraient connus aujourd’hui), qu’elle possède un pedigree fort enviable dont une première place au très prestigieux Concours d’Élégance de Peeble Beach en 2003 et qu’elle fait partie des voitures les plus recherchées de la planète, n’empêche qu’on parle de 30 millions de dollars, de quoi faire vivre plusieurs familles démunies. Il est évident qu’à ce prix, une telle folie s’adresse à quelques milliardaires seulement.

Mais est-ce qu’une telle voiture vaut réellement 30 millions? D’ailleurs, est-ce qu’un tableau de Picasso vaut des millions de dollars?  En fait, comme dans tout domaine, il s’agit du jeu de l’offre et de la demande. Et malgré ce qu’on serait porté à croire, la récente crise économique n’a pas affecté le prix des voitures de très haut standing. Elle a au moins permis d’équilibrer le marché et certaines voitures surévaluées (comme certains « muscle cars » Mopar), ont vu leur prix ajusté à un niveau plus « normal ».

Je crois que les gens qui sont prêts à payer une fortune pour une voiture ancienne sont surtout des hommes d’affaires. Ce qui ne veut pas dire que ces gens n’aiment pas les voitures anciennes! Cependant, la plupart des gens qui possèdent une voiture ancienne « normale » le font pour des raisons beaucoup plus personnelles que financières. Pour ma part, j’aimerais mieux posséder une voiture moins dispendieuse que je pourrais conduire plutôt qu’une « trailer queen » (une voiture que l’on ne transporte que dans une remorque, souvent fermée) qui vaudrait une fortune mais qui ne peut prendre la route. Mais je changerais peut-être d’avis si je devenais milliardaire….

Conduite à droite = danger?

- 9 avril 2010

Depuis quelques années, plusieurs personnes importent des voitures japonaises très puissantes avec volant à droite.  Or, depuis le 26 octobre 2009, il est interdit de rouler au Québec au volant d’un véhicule muni d’un volant à droite sauf si ledit véhicule a été immatriculé avant le 29 avril 2009. Il y a aussi quelques autres exceptions. Cette nouvelle interdiction, suite à un arrêté ministériel, s’étend sur 180 jours ou, environ six mois. Or, ces six mois s’achèveront à la fin d’avril, donc dans trois semaines. Quelle sera la décision de la SAAQ à ce moment-là? Je n’en sais rien.

Selon la SAAQ, ces JDM (Japenese Domestic Market) avec conduite à droite seraient dangereux du fait que la personne qui conduit, assise à droite, aurait une moins bonne visibilité vers l’avant lors d’un dépassement. En effet, la voiture qui précède forme alors un écran. Il faut alors que la personne qui conduit déporte sa voiture plus vers la gauche pour mieux voir vers l’avant. Cette raison, que je considère valable, me semble toutefois un tantinet simpliste…

Le pourcentage d’accidents impliquant un JDM n’est probablement pas plus élevé que celui impliquant des véhicules avec conduite à gauche. Ceux qui conduisent ces JDM développent des trucs assez rapidement. Je le sais pour avoir déjà conduit un Nissan S-Cargo à Montréal. Au début, ma conduite était sans doute un peu bizarre mais après deux heures, plus rien n’y paraissait.

Ce qui me chicote le plus, c’est qu’au moment où on veut interdire l’immatriculation des conduites à droite parce qu’elles seraient plus dangereuses, la SAAQ accepte que les gens possédant un permis de conduire de classe 5 conduisent des motos à trois roues (Spyder de Can-Am, T-Rex, etc) à condition de suivre un cours de quelques heures. Si vous voulez mon avis, ces tribibittes sont au moins aussi dangereuses, sinon plus,  que les JDM à conduite à droite. Alors que ce sont surtout des jeunes, quelquefois écervelés (quoique ces derniers forment un infime pourcentage… comme dans tout domaine!), qui conduisent des JDM, tout le monde, de ti-Guy qui n’a jamais touché à une moto à matante Henriette qui veut se payer un trip de jeunesse, pourra prendre le guidon ou le volant.

Si une formation de quelques heures est suffisante pour ces néophytes, pourquoi une période de formation équivalente lors de l’immatriculation d’une voiture avec conduite à droite ne serait-elle pas pertinente? Il s’agit simplement d’éduquer au lieu de faire de la répression.

Il est vrai, toutefois, que la SAAQ percevra plus d’argent en immatriculant un Can-Am Spyder qu’une voiture…

Volkswagen R

- 29 mars 2010

Au dernier Salon de l’auto de Montréal, les amateurs de belles mécaniques ont sûrement remarqué la Golf R Concept bleue placée de façon plutôt discrète dans le kiosque Volkswagen. Il s’agissait d’une première en sol canadien, cette bombe ayant été dévoilée au Salon de Francfort en septembre 2009. Elle est d’ailleurs déjà offerte en Europe.

La Golf R reçoit un quatre cylindres à injection directe turbocompressé de 265 chevaux et 258 livres-pied de couple. C’est beaucoup pour une voiture d’à peine 1466 kilos et il ne faut que 5,5 secondes pour franchir le 0-100 km/h en route vers une vitesse de pointe de 250 km/h. Heureusement, la liaison au sol est assurée par un rouage intégral 4Motion. La transmission est une très sophistiquée DSG. Je ne crois pas qu’une manuelle soit offerte. De toute manière, la DSG passe les rapports plus rapidement qu’un pilote de course professionnel… et comme c’est un pilote de course professionnel qui me l’a dit et qu’un pilote de course professionnel avoue peu souvent ses faiblesses, c’est que c’est vrai!

En Europe, plusieurs modèles Volkswagen se méritent l’appellation R. En plus de la Golf, on y retrouve la Passat R36 et, les fanas de voitures sportives le savent déjà, la très désirable Sirocco R. Aussi, toujours en Europe, on retrouve depuis peu le « R-Line ». Il ne s’agit pas de versions aussi extrêmes que les R tout court mais, tout comme Audi avec son S-Line, le R-Line ajoute les éléments visuels des R aux déjà réussis modèles Volks

Le concept vu à Montréal avait été développé par Volkswagen Individual, une filiale de Volks. Volkswagen vient tout juste de créer la division R, baptisée Volkswagen R GmbH qui aura pour mandat de développer, distribuer et vendre les modèles R. Cela ne changera peut-être pas grand-chose aux voitures elles-mêmes mais en créant une telle division, Volks officialise, dans un sens, l’avenir des modèles R. Il est désormais permis d’espérer l’arrivée de la Golf R au Canada même si Volkswagen Canada, par l’entremise de son directeur des relations publiques, Peter Viney, refuse de confirmer la nouvelle. Et si elle débarque chez nous, ce ne sera pas avant 18 mois. Mais disons que la réaction positive du public montréalais vis-à-vis la R au dernier Salon de l’auto pèse dans la balance…

La belle Golf R commande 36 400$ Euros (55 000$ canadiens même si le prix de la voiture canadienne ne serait pas le résultat d’une simple conversion). Cela risque d’en refroidir plusieurs mais pour une voiture qui gagnera en valeur avec les années, c’est une bagatelle!

Bon, assez placoté. Prions pour que la R débarque au Canada le plus tôt possible!

L’ Ecoboost de Ford

- 26 mars 2010

Peut-on satisfaire tout le monde?
Depuis quelques années, deux tendances diamétralement opposées s’affrontent. Alors qu’on désire des voitures de plus en plus puissantes, on veut qu’elles consomment de moins en moins donc, par ricochet, qu’elles soient de moins en moins polluantes.
Ford aurait peut-être trouvé un début de réponse avec sa technologie Ecoboost qui, en fait, consiste à unir l’injection directe de carburant et la turbocompression. Ainsi, un V6 de 3,5 litres, comme celui qui prend place dans le Flex, passe de 262 à 355 chevaux dans sa version Ecoboost. Il faut cependant avouer qu’il y a plusieurs autres différences techniques entre les deux moteurs. Selon Ford, les performances sont celles d’un V8 alors que les émissions nocives et la consommation sont celles d’un V6. Les amateurs de performance sont ravis de l’arrivée de l’Ecoboost. Cependant, il ne faut pas croire que la version à 355 chevaux ne consomme pas plus que celle à 262. Dans une écurie, il en coûte toujours plus cher pour nourrir 355 animaux que 262…
D’ici quelques années, les moteurs Ecoboost seront offerts sur de plus en plus de modèles Ford. Outre des V8 Ecoboost réservés à des voitures très sportives, on parle déjà de quatre cylindres Ecoboost 1,6 et 2,0 litres qui devraient se retrouver sous le capot de la Fusion et de la Fiesta même si la production de tels modèles demeure hypothétique.
Une Fusion quatre cylindres aussi puissante qu’un modèle à six cylindres, peu polluante et consommant peu?  Très puissante, sans aucun doute. Peu polluante?  Très probablement.  Consommant peu? Ça reste à voir. Heureusement, les moteurs Ecoboost s’accommodent d’essence régulière.
Présentement, plusieurs technologies s’affrontent pour réunir les trois pointes du triangle puissance-économie-écologie. Chacune semble n’en rejoindre que deux. Le V6 Ecoboost de Ford, aussi impressionnant soit-il, ne fait pas mieux. Les 1,6 et 2,0 litres Ecoboost y parviendront-ils?