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S’il n’y avait pas de carte de crédit

- 16 juillet 2010

Chaque semaine, les chroniqueurs de la circulation nous parlent des bouchons qui gâchent de la vie des automobilistes de la région du Grand Montréal. En plus, lorsque la hausse du prix de l’essence est spectaculaire, selon les semaines et les départs de vacances, ces mêmes chroniqueurs nous font part que le prix du carburant a grimpé de 8,9 ou même 10 sous du litre en quelques minutes. Au fil des années, nous nous sommes habitués à ces hausses de prix sauvages. Bien entendu, notre bon gouvernement dit avoir enquêté et ne trouve rien à redire quant à ses hausses instantanées est spectaculaires. Après tout, chaque hausse du prix du carburant profite au gouvernement par l’intermédiaire des taxes.

Mais si on se désole, on continue quand même de remplir le réservoir de notre véhicule. Pour compenser ces hausses, on utilise sa carte de crédit et quand celle-ci est trop « loadée », on n’en sort une autre et on continue à rouler. Nous sommes loin de l’époque où il fallait tout payer comptant. Et il ne faut pas remonter à l’aube des temps, mais tout simplement dans la période de l’année de l’Expo 67 de Montréal alors que les achats comptants étaient beaucoup plus de mise que la célèbre carte en plastique qui permet pour plusieurs de s’endetter mais de toujours rouler.

Nous sommes victimes de notre style de vie et  au lieu de limiter nos déplacements et nos dépenses, c’est la carte qui nous dépanne. Notre société en profite et plusieurs personnes en souffrent avec des dettes de carte de crédit qui deviennent un boulet au fil des mois et des années. Je sais bien qu’il est impossible de revenir en arrière et de se promener avec une pile d’argent dans ses poches. Heureusement, il y a la carte débit qui est de plus en plus populaire. Mais encore faut-il avoir de l’argent dans son compte de banque pour l’utiliser. Mais imaginez ne devoir payer ses déplacements qu’en payant comptant, comme à la belle époque. Bien des automobiles resteraient dans la cour.

Une autre solution est de réduire ses déplacements, ce qui pour plusieurs est impossible. Pourquoi ne pas se tourner vers des voitures qui consomment moins, qui sont dotées de plus petits moteurs et qui nous permettent de se déplacer sans pour autant nous endetter à court et long terme ? La bonne nouvelle, c’est que cette solution est très populaire dans notre province et il semble qu’elle va prendre de l’ampleur au cours des prochaines années. La raison : une génération de nouvelles voitures sous-compactes récemment  arrivées sur notre marché. Les Ford Fiesta et  Mazda2 font leur arrivée cet été  tandis que les Nissan Versa, Toyota Yaris et Honda Fit jouissent d’une grande popularité depuis quelques années déjà. Ces voitures sont de petites dimensions, mais elles proposent un surprenant niveau de confort et des performances plus que correctes tout en étant agréables à conduire. Pour plusieurs, on ne peut demander plus. Et la bonne nouvelle, c’est que ces petites économiques sont également assez peu gourmandes en carburant. De quoi  donner un peu de répit à vos cartes de crédit.

Les voitures américaines, il faut les essayer

- 6 juillet 2010

Il faut voir les visages de beaucoup de personnes lorsqu’on leur recommande une voiture de fabrication nord-américaine. Elles nous regardent d’un air incrédule attendant qu’on leur dise qu’il s’agit d’une farce et qu’on va leur recommander une bonne japonaise. Puis lorsqu’elles réalisent que nous sommes sérieux, on voit leur mâchoire descendre de quelques millimètres tout en roulant les yeux dans leurs orbites en se disant intérieurement : « Il est complètement fou ce monsieur. Il ne connaît rien dans les automobiles. Mon père a déjà eu un produit fabriqué à Détroit et c’était une véritable poubelle. »

On a beau leur dire que les temps ont changé, que les trois producteurs américains se sont de beaucoup améliorés à tous les chapitres, nos interlocuteurs demeurent incrédules la plupart du temps. Pour clore la conversation, on leur recommande alors d’aller faire l’essai de ces  nouvelles voitures et d’en tirer leurs propres conclusions. Tout en leur demandant d’oublier leurs préjugés avant de prendre le volant.

Il faut dire que cette méfiance et ces préjugés de la part de nombreux acheteurs n’est pas le fruit du hasard. Pendant des années, des décennies mêmes, Chrysler, Ford et GM produisaient des voitures mal fabriquées, dotées de moteurs dépassés et dont le comportement routier était déficient. Sans parler de leur manque de fiabilité et de leur consommation élevée.

À la suite de cette politique de non-respect de la clientèle, deux des trois constructeurs établis à Détroit ont été obligés de déclarer faillite. La tempête est passée et les chiffres de vente des produits nord-américains sont en constant progrès. Il ne s’agit cependant que d’une partie de l’équation. En effet, les personnes à la recherche de nouveaux véhicules ne devraient pas ignorer ces produits de facture nord-américaine sous prétexte qu’ils n’étaient pas recommandables ou compétitif il y a encore peu de temps.

Je ne dis pas qu’il faille absolument acheter une voiture d’un constructeur américain, mais tout au moins de les évaluer de façon égale avec tout ce qui se fait dans la catégorie qui vous intéresse. Il se peut que vous soyez grandement surpris de votre expérience. Il se peut également que vous préfériez une voiture japonaise, c’est votre droit et ces voitures nipponnes sont toujours aussi bonnes que précédemment dans la majeure partie des cas.

L’autre jour, dans le cadre d’un tournage pour l’émission télévisée Le Guide de l’auto du canal Vox un membre de l’équipe de tournages a roulé au volant d’une Buick LaCrosse. Même si mon verdict sur cette voiture était positif, je voyais une lueur d’incrédulité dans ses yeux. Mais il a conduit cette voiture pendant plusieurs kilomètres pour les fins du tournage et lorsqu’il a débarqué, il était emballé. Pour résumer ces paroles : « Je suis fort surpris. C’est une maudite bonne voiture. »  J’avais entendu un verdict semblable dans le cas de la Ford Taurus.

Il ne faut donc pas juger les voitures américaines en fonction de ce qui était produit il y a 10 ans, mais par rapport à l’offre actuelle et celle-ci est nettement plus intéressante qu’auparavant.

Les « zaméricains » nous empêchent d’avoir du plaisir

- 29 juin 2010

La semaine dernière, j’ai assisté au lancement de la Porsche Cayenne à moteur V6. Ce groupe propulseur est plus puissant que celui utilisé précédemment et il convient assez bien au véhicule. Mais lorsque j’ai conduit une autre Cayenne, propulsée cette fois-ci par un moteur diesel V6 3,0 litres, je suis tombé en amour. Non seulement ce diesel était-il plus silencieux que son équivalent à essence, mais il offrait un agrément de conduite nettement supérieur en étant toujours au bon régime et à la bonne puissance selon les conditions du moment. Malheureusement, ce magnifique moteur ne sera pas disponible en Amérique.  Vous savez pourquoi ? Tout simplement parce que nos voisins du Sud ne veulent pas d’un moteur diesel dans une Porsche. Cela ne fait pas assez viril ou encore assez sportif. Ce même moteur est déjà utilisé avec grand succès sur l’Audi Q7, mais cela ne fait pas de différence. Pas de diesel sur la Cayenne !

Il est fort irritant d’être privé de versions ou même de modèles fort intéressants en raison des  préjugés des américains quant à certaines voitures, notamment celles propulsées par un moteur diesel ou encore celles de dotées d’un hayon. Pour eux, ce sont des objets tabous. Dans leur esprit, tout moteur diesel est bruyant au possible et émet une épaisse fumée noire. Mais c’était il y a 20 ans. Il est certainement temps qu’ils laissent tomber leurs préjugés. Le moteur diesel moderne est non seulement performant mais respecte également les lois très strictes des émissions de gaz d’échappement en vigueur de nos jours.

Quant aux modèles hatchback, ils sont nettement plus pratiques que la berline que nos amis du sud apprécient tellement. Pourtant, la grande popularité des VUS dans ce pays s’explique en grande partie parce que ce sont des hatchbacks. Allez donc trouver la logique !

Ces goûts pour le moins bizarre, du moins aux yeux des Québécois grands amateurs de véhicules à moteur diesel et de hatchback, nous empêchent donc de pouvoir bénéficier de plusieurs modèles. Il y a quelques années, Mazda était en sérieuses difficultés financières, tout simplement parce que ses modèles ne se vendaient pas suffisamment en Amérique. La raison en est relativement simple, ce constructeur avait développé toute une gamme de voitures assez spectaculaires et agréables à conduire, mais comme il s’agissait de modèles hatchback, elles n’étaient pas exportées vers les États-Unis. Quant aux berlines, elles étaient moins compétitives et il y a eu mévente. Et comme le marché canadien n’est pas assez important, règle générale, pour assurer la rentabilité de ces modèles, nous en étions tout simplement privés. Et que dire de la Volkswagen Golf qui a été boudée plus souvent qu’autrement par les acheteurs au sud de nos frontières.

Il faut toutefois souligner le courage d’une compagnie comme Mercedes-Benz qui a décidé d’importer la Smart sur notre marché tandis que son équivalent aux États-Unis la boudait. Même de nos jours, cette minuscule urbaine est importée aux USA par une compagnie autonome. Et que dire de la Classe B, une autre exclusivité canadienne sur notre continent !

En terminant, voici un autre exemple du manque de clairvoyance des américains. Mazda Canada a commandé un nombre beaucoup plus important de la nouvelle Mazda 2 que son vis-à-vis américain. Et cette disparité est en chiffres réels et non pas en pourcentage alors que le marché des États-Unis et au moins 10 fois plus important que celui du Canada. Inutile d’élaborer davantage.

La revanche des nerds

- 15 juin 2010

Le Grand prix du Canada est maintenant terminé et cela a été un succès sur toute la ligne. Non seulement le spectacle a été sensationnel, mais on a fait salle comble et ce après une année d’absence de la part du cirque de la Formule 1. Cela m’a fait songer qu’il s’agissait de la revanche des nerds à l’échelle planétaire.

Vous vous souvenez sans doute qu’à l’école primaire et surtout secondaire, les vedettes de la classe étaient surtout ceux qui excellaient dans les sports, le hockey principalement. Ces personnes n’avaient pas nécessairement de bonnes notes scolaires, mais leurs prouesses sportives en faisaient des héros. Par ailleurs, les premiers de classe qui avaient la tête dans leurs livres et dans leur ordinateur passaient pour des nuls qui n’étaient pas en harmonie avec leur époque. Pourtant, ces mêmes intellos ont fait des études brillantes, sont allés à l’université et devenus des spécialistes dans des domaines aussi diversifiés que l’aérodynamique, le génie mécanique, l’ingénierie des matériaux et toutes sortes d’autres technologies avancées sans oublier bien entendu l’électronique sous toutes ses formes.

Ces mêmes intellectuels aux diplômes prestigieux ont parfois été recrutés dans certains cas par les écuries de course automobile, notamment les écuries de Formule 1. Ceux qui croient que la course automobile est l’affaire d’un mécano aux mains graisseuses et à l’improvisation à la dernière minute sont dans l’erreur, mais pas à peu près. Dans le monde très sophistiqué de la Formule 1, ce sont des ingénieurs spécialistes de tous les secteurs impliqués qui dessinent la voiture, les moteurs et les suspensions. Et il ne faut pas oublier que tous ces éléments sont fabriqués à partir de matériaux ultra sophistiqués et souvent très chers et très rares. Si à une certaine époque il fallait être un bricoleur ingénieux pour réussir en course automobile, maintenant ce sont des ingénieurs passés maîtres dans le développement de modèles informatiques qui gèrent le tout.

Ces laissés-pour-compte à l’école secondaire ont donc leur revanche en dessinant des voitures dont la silhouette et les performances font rêver des millions de personnes. Et tandis que ces nerds s’affairent dans les paddocks à peaufiner ces super bolides, les gros bras du secondaire sont assis dans les gradins et observent des voitures qui les font rêver.

La morale de cette histoire, c’est qu’il faut accepter tous les individus et toutes les tendances. Ce n’est pas parce qu’un garçon ne réussit pas à se classer pour le Midget AAA qu’il n’a pas d’avenir dans la vie. Bien au contraire, si votre enfant veut faire des études plus poussées, encouragez-le, car il risque de développer la voiture de demain et, qui sait, une Formule 1. Et pourquoi pas ? Le meilleur des mondes serait un excellent athlète qui a de bonnes notes en classe et qui poursuit par la suite des études universitaires. La chose était pratiquement impensable il y a quelques années, mais c’est de plus en

Carlos a changé d’idée

- 7 juin 2010

Il n’y a pas si longtemps, Carlos Ghosn, le grand patron de Nissan et Renault, clamait à tout vent que les voitures hybrides n’avaient pas d’avenir et que les voitures électriques étaient une utopie, du moins pour le moment. Ce grand leader de l’industrie automobile était convaincu que c’était futile de commercialiser de tels véhicules dont la technologie était coûteuse et la demande parcellaire. Il disait que les deux constructeurs se mettraient au pas lorsque le temps sera venu.

Il semble que le temps est venu puisque Renault a annoncé qu’il allait produire de nombreux modèles tout électriques d’ici 2011- 2012 pour le marché européen tandis que Nissan affichait les mêmes ambitions pour l’Amérique du Nord. En effet, la Nissan Leaf sera commercialisée d’ici quelques mois sur notre continent, D’ailleurs, Hydro Québec et Communauto ont conclu une entente avec Nissan pour l’utilisation des Leaf pour la société de partage de voitures tandis qu’Hydro Québec a annoncé qu’elle allait installer des bornes de recharge pour les voitures électriques.

Le nombre de voitures qui sera commercialisé sera modeste au tout début, mais il faut bien débuter quelque part. Et même si ces nouvelles voitures électriques seront trop chères, auront une autonomie limitée et la possibilité de les recharger assez limitée, il faut bien démarrer. Et il se trouvera bien plusieurs personnes qui voudront toujours être les premières à rouler en véhicule électrique même si leurs besoins ne sont pas tout à fait au diapason de ces nouveautés. De nos jours, il s’en trouve toujours pour faire la file pour être parmi les premiers à acquérir un produit à la mode. L’arrivée de l’IPad nous en a fourni une autre preuve. Comment expliquer que des gens ont passé une nuit entière devant un commerce pour être parmi les premiers à acheter un IPad quand ils avaient la possibilité d’en acheter un, tout aussi bon et nouveau, quelques heures plus tard ?

Bref, la demande initiale pour les automobiles 100 % électrique sera bonne, mais les quantités seront tout de même très faibles par rapport à la production totale des voitures conventionnelles. Il ne faut pas oublier que la production mondiale des véhicules moteurs oscille chaque année autour de 60 millions de véhicules. Même si on réussit d’ici quelques années à produire 100 000 voitures électriques par année sur toute la planète, cela va demeurer anecdotique pendant des années encore.

Malgré ces prévisions conservatrices, Carlos Ghosn a viré son capot de bord, a abandonné ses critiques quant aux véhicules alternatifs et est devenu le champion incontesté des voitures propres et écologiques. On dit de lui qu’il est un grand visionnaire, l’avenir va nous démontrer s’il a eu raison de changer d’idée.