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L’Indy 500

- 31 mai 2010

Vous savez, l’an dernier était ma première expérience sur l’anneau de vitesse du Indianapolis Motor Speedway, mais cette année, j’ai ressenti l’immense tradition qui entoure ce circuit légendaire. Aussitôt que je suis arrivé à la piste le premier jour des essais de mai, j’ai réalisé que tout devient différent dès que vous franchissez le tunnel qui passe sous cette piste ovale de 4,023 kilomètres.

J’adore cet endroit. La première semaine d’essais a été intense, même s’il pleuvait de façon intermittente presque tous les jours. La tradition d’Indianapolis remonte à un siècle, et comprend les rituels des sessions d’autographes en passant par toutes les fêtes jusqu’aux activités en piste. L’attrait des médias pour les 500 milles d’Indianapolis est incroyable. L’Indy 500 demeure l’événement sportif qui attire le plus grand nombre de spectateurs au monde, et les feux de la rampe sont continuellement braqués sur les équipes et les pilotes. Autrefois, le moi de mai à Indy consistait à presque 30 jours d’activités. Depuis que le mois de mai à Indy a été écourté à 15 jours, tout a été condensé. Nous sommes constamment sollicités, tant par nos activités en piste que les fonctions sociales réclamées par nos commanditaires et les oeuvres caritatives soutenues par la série IZOD IndyCar.

Chaque jour, nous faisons plus que de piloter en piste et se préparer pour la course. Prenons par exemple le jeudi matin précédant les qualifications. Avant d’aller en piste, j’ai dû assister à une réunion des pilotes, puis participer à l’enregistrement d’un message publicitaire pour notre partenaire américain de télévision VERSUS avant de courir vers les garages pour enfiler ma combinaison de pilote, et filer vers les stands pour une entrevue avec la télévision locale. Puis, j’ai à peine eu le temps de récupérer mon casque de pilote dans nos garages avant de retourner dans les stands où les membres de l’équipe de course FAZZT m’attendaient avec impatience afin que je puisse monter à bord de la monoplace Bowers & Wilkins no 77, et effectuer les premiers tours de reconnaissance de la piste de la journée. C’est drôle tout de même. L’instant où j’ai baissé ma visière, je suis entré dans ma bulle. Mon attention est immédiatement portée sur le comportement de ma voiture, ma position par rapport à mes rivaux, et la recherche des meilleures lignes de course afin de réaliser les meilleurs chronos.

À la sortie de la voiture, je dois passer beaucoup de temps avec mes ingénieurs afin d’analyser les données de la voiture et son comportement, et donner mes impressions sur ce qu’il faudrait faire pour l’améliorer. Puis, c’est le retour en piste. La météo n’étant pas trop coopérative cette journée-là, nous avons passé plus de temps aux stands qu’en piste. Ayant réalisé nos objectifs de la journée, c’est le retour aux garages pour enfiler mes habits de rue, engager une conversation avec les membres de mon équipe avant de partir pour participer à une émission radiophonique.

Le pire dans tout cela c’est que même si cela peut sembler débile, je trouve ça amusant. Les émissions radiophoniques à Indianapolis, c’est une tradition. Plusieurs émissions sont diffusées à partir du complexe « Brickyard Crossing Resort » où les stations, locales et nationales, ont un pied-à-terre. Les amateurs font la ligne à l’extérieur du complexe pour voir passer les pilotes qui paradent avant d’aller en onde, et plusieurs centaines sont massées à l’intérieur pour écouter ce qu’ils ont à dire aux auditeurs. L’émission Indy Live passe sur les ondes de plusieurs stations du pays de l’Oncle Sam, et est même offerte sur Internet. D’ailleurs, les internautes du monde entier sont nombreux à envoyer leurs questions par courriel aux animateurs, ce qui rend les choses très intéressantes.

Lorsque mon passage à l’émission fut terminé, il était temps de rentrer à la maison où Bronté m’avait préparé un super repas. Après avoir passé du temps de qualité ensemble, j’ai décidé d‘aller me coucher, car les journées sont longues à Indianapolis, et qu’un scénario similaire m’attendait le lendemain, mais ce n’est pas une plainte. Je suis privilégié de vivre ces moments et honoré de pouvoir courir sur l’un des plus prestigieux circuits au monde. Chaque fois que je participe à un événement qui se tient ici depuis longtemps au Indy 500, ça me rend fier de faire partie des traditions qui ont été établies au fil des années par de grands pilotes qui sont passés chaque année sous le tunnel.

Ciao,

Toute une expérience d’immersion chez Honda, digne du Sud!

- 13 avril 2010

J’ai eu la chance, ainsi que d’autres pilotes de la série Honda IZOD IndyCar, de visiter l’usine Honda à Lincoln en Alabama, avant la course au Barber Motorsports Park. L’usine est immense! J’ai trouvé ça très impressionnant de voir comment sont fabriqués les modèles Odyssey, Pilot et Accord V6. Honda est l’un des seuls fabricants automobiles à construire les voitures et les moteurs dans la même usine. Tout est construit sur des chaînes de montage différentes et assemblé à la fin; c’est vraiment génial! La dimension de la presse qui sert à façonner les feuilles de métal créant les panneaux de la voiture est immense. J’ai aussi été surpris de voir le nombre de personnes qui travaillent sur la ligne de fabrication.

Tout est synchronisé sur la ligne de production : les moteurs, la transmission, les amortisseurs, et de l’autre côté, l’habitacle, les portes et tout le reste. Ce ne sont pas seulement des robots et des machines qui construisent les automobiles, mais aussi des personnes. Il faut donc compter sur les personnes et sur leur capacité à travailler en équipe dans le but de maintenir une cadence de production ordonnée et souple. Les robots apportent les pièces jusqu’à la ligne et les personnes en font l’assemblage. L’organisation et la coordination de toute cette ligne de production sont stupéfiantes! Quelle expérience incroyable! C’était de voir tout cela et de voir comment les voitures Honda sont assemblées! Je n’avais jamais mis les pieds dans une usine Honda auparavant, alors cette visite était pour moi toute une expérience. J’ai beaucoup aimé rencontrer les employés et voir comment ils construisent les voitures et les camionnettes Honda.

Lors de ma visite à Lincoln, j’ai eu droit à un bonus; j’ai eu le bonheur de me rendre au Talladega Superspeedway. Les dirigeants de Honda entretiennent de très bonnes relations avec les responsables du Talladega SuperSpeedway, et je crois que c’est en partie dû à la proximité de deux installations. Je suis un très grand fan du film Talladega Nights, et j’ai toujours voulu voir ce circuit. Alors, imaginez quelle a été ma réaction quand les gens de Honda m’ont demandé si je voulais m’y rendre et y jeter un coup d’œil : ah oui, absolument! Je suis très reconnaissant envers Mark Morrison chez Honda qui s’est arrangé pour qu’on puisse y aller et envers Grant Lynch, le président du Talladega Superspeedway, qui nous a permis d’aller sur la piste et de conduire la voiture pilote. Nous sommes allés directement sur la piste et avons roulé à 220 km/h (130 mph), à quatre dans la voiture. Nous pouvions voir l’inclinaison de la piste sans trop la ressentir pourtant, pendant que nous roulions. Du moins, moi, je ne l’ai pas ressentie parce que mon épouse Bronte était morte de peur, tandis que Jeff Darks, notre responsable du marketing chez FAZZT, savourait chaque instant. Monsieur Lynch, le président est un habitué, alors moi, je conduisais avec une main sur le volant pendant que je parlais. Je n’avais aucun problème dans les virages inclinés.

Après avoir fait un tour ou deux, j’ai ralenti et garé la voiture pour aller examiner l’inclinaison de la piste d’un peu plus près. Nous nous sommes arrêtés dans le virage 3, sous le tablier et l’inclinaison de la pente est de l’ordre de 33 degrés; c’est comme être devant un mur de béton. Beaucoup, beaucoup, beaucoup plus abrupte qu’on ne l’imagine! Abrupte au point d’avoir de la difficulté à marcher le long de la piste. En nous tenant au milieu de la piste, nous devions nous retenir pour ne pas perdre l’équilibre. Par contre, en conduisant dans la courbe, on ne sent pas la force G ou la pesanteur, car elle est comprimée, et en fait, c’est ce qui maintient la voiture sur le haut de la piste. L’inclinaison est tellement grande que je pensais que nous allions nous retourner; j’ai dû maintenir le volant tourné vers la droite pour éviter que la voiture ne se retourne. C’était tout simplement incroyable!

Je suis très reconnaissant envers les responsables du Talladega et de Honda de nous avoir permis de voir la piste en personne. Depuis toujours, cela figurait sur ma liste d’endroits à visiter un jour, et j’ai eu, non seulement la chance de voir la piste, mais aussi d’y conduire! Trop génial! Entre la visite de l’usine Honda de l’Alabama et le passage au Talladega Superspeedway, le voyage dans le Sud a été fantastique!

À bientôt,

Talladega 4-08-10 (8)
Honda Plant Tour 4-08-10 (19)
Honda Plant Tour 4-08-10 (22)

De la pluie, encore de la pluie, toujours de la pluie…

- 30 mars 2010

Chacune des journées passées sur la piste se transforment en une opportunité extraordinaire d’en connaître davantage sur la course automobile, autant pour moi que pour l’équipe. Et ce week-end à St.Petersburg lors du Grand Prix Honda, nous avons eu cette chance de consacrer du temps en faveur de notre apprentissage sur la voiture. Avec FAZZT, une jeune équipe de course, nous ne possédons pas le loisir de nous présenter à une course avec de l’information désuète afin de débuter le week-end de course.

Donc suite aux essais à Sebring et la première course de la saison au Brésil, nous avons été en mesure d’accumuler des données que nous avons utilisées à St.Petersburg.  Mais il nous restait passablement de travail afin de rendre la voiture à son maximum pour les qualifications et la course. L’équipe FAZZT a tout de même accompli un travail fantastique, et elle a travaillé très fort pour effectuer les dernières modifications dont nous avions besoin. Je sais que nous avons progressé de vendredi à samedi. J’étais d’ailleurs plus confortable avec la voiture samedi et les quelques changements que nous avons apportés entre le premier tour et le deuxième tour de qualifications nous ont fait un peu mal.  Par contre, se retrouver parmi le Top 10 deux semaines de suite nous a tout de même rendu heureux. Tard dans la matinée suivant les premiers essais précédant la course, la météo prévoyait de sérieuses averses de pluie.

Nous n’avions pas encore couru dans des conditions de pluie, pas un seul instant durant tout le week-end; en vérité, c’était plutôt l’inverse vendredi et samedi car la température avait été chaude et ensoleillée. Or dimanche, avec l’arrivée de la pluie, la course s’annonçait plutôt intéressante et força l’équipe à adapter sa stratégie et les réglages de la voiture pour la course. Ironiquement, au début de la journée, le ciel semblait se contenir permettant du coup à l’équipe de direction de la série Indy d’espérer pouvoir présenter la course à temps… Mais lorsque l’heure de la course sonna, le ciel s’est soudainement déchaîné. La pluie fut démentielle et tomba à torrent! Je crois que la pluie est tombée pendant au moins 4 heures sans arrêt, parfois accompagnée d’éclairs et de grondements. Le plus difficile lors d’une journée comme celle-là est le moment d’attente. Vous attendez que la direction de la série prenne une décision à savoir si elle doit débuter la course à un certain moment afin qu’elle puisse se terminer à la pénombre. Et à part cette décision, elle doit aussi considérer tous les autres impératifs tels que les ententes avec les chaînes de télévision.  Comme dans ce cas-ci, le diffuseur étant ABC, il fallait vérifier avec eux dans quel autre créneau horaire ils pourraient diffuser la course en entier.

Nous en tant qu’équipe, nous nous dépêchons afin d’être prêts, et puis c’est l’attente, encore l’attente et toujours l’attente! C’est vraiment frustrant parce que j’étais prêt mentalement pour la course, et je voulais seulement aller sur la piste et donner mon maximum. Mais bien sûr, lorsque la pluie s’en mêle et qu’il y a des marres d’eau partout, la réalité est qu’il faut attendre. Donc l’inévitable est arrivé dimanche et la course a dû être reportée à lundi. Ce délai a provoqué une tâche gigantesque, soit celle de tout réviser les réservations d’hôtels et de billets d’avion pour l’équipe FAZZT en plus de nous « reprogrammer » pour la course le lundi. Bien que ce soit très décevant, l’ampleur des averses qui sont tombées sur St.Petersburg dimanche n’aurait jamais permis la présentation d’une course.

Donc il faut rebrousser chemin, et se préparer du mieux possible et espérer que les résultats seront les meilleurs. Puis, il faut se présenter le lundi, accomplir notre travail et être fier d’avoir donné notre 100%. On ne sait jamais ce qui va se présenter et il est impossible de prétendre que si nous avions couru dimanche, nous aurions obtenu tel ou tel résultat… Il faut seulement se préparer au meilleur de nos capacités, et le résultat final sera le résultat final.

Bonne semaine

rain in stAlex, Keith Beck, Mike Millerwaiting out the rain

Le roi de la montagne avec le KOM (King of the Cycling Mountain)

- 23 mars 2010

Comme les conditions météo s’améliorent à Las Vegas, j’ai recommencé à m’entraîner à vélo en parcourant entre 32 et 80 kilomètres par jour. J’ai commencé à faire du vélo en 2000 quand j’ai déménagé à Las Vegas parce que les pistes de randonnées ici sont tout simplement magnifiques. De plus, les bienfaits du vélo sur le cardio sont bien connus. Il y a un circuit tout près de la maison qui s’appelle Red Rock Scenic Loop. En partant de la maison, située à 884 mètres d’altitude, je prends une montée très abrupte par endroits, qui s’élève au sommet du circuit à presque 1 463 mètres. Ce dernier  culmine donc à une altitude de plus d’un kilomètre et demi.

À Las Vegas, étant donné que l’altitude est plus élevée qu’à Montréal par exemple, où l’altitude est d’environ 152 mètres, le corps produit naturellement plus de cellules sanguines. Donc, le corps fonctionne mieux et on a un meilleur cardio. C’est pour cette raison que j’ai décidé de me mettre au vélo quand je suis arrivé à Las Vegas, car maintenant, je fais à peu près tout mon entraînement en altitude. Le premier vélo que j’ai eu était un Khan, de Kuota Amérique du Nord. C’est un vélo de route formidable : un vélo vraiment parfait pour mes randonnées. Le circuit Red Rock Loop est idéal pour le cyclisme, car il possède des voies bien identifiées qui sont réservées aux vélos pour se rendre à Red Rocks et, une fois arrivé là-bas, on se croirait dans un parc.

Les voitures doivent payer un droit de passage pour y accéder et comme le paysage est magnifique, les automobilistes ont tendance à rouler lentement et à s’arrêter souvent pour l’admirer. Du coup, le parc est beaucoup plus sécuritaire pour les cyclistes. Il m’arrive parfois d’apercevoir des coyotes et d’autres animaux sauvages en plus d’admirer tous les panoramas impressionnants qui en font un parcours très agréable. En principe, je fais du vélo pendant tout l’été sous des températures pouvant atteindre les 38 degrés Celsius et plus dans le désert. C’est la meilleure façon de m’entraîner car les courses mettent mon corps et mon esprit à rude épreuve; je veux qu’ils restent bien concentrés malgré des conditions de chaleur extrême qui peuvent amener le corps à se déshydrater. C’est pourquoi il est excellent de faire du vélo ici. Cet entraînement permet de pousser mon corps à travailler fort sous une chaleur torride forçant ainsi mon corps et mon esprit à rester  concentrés et alertes, et ce, malgré les conditions extrêmes qui caractérisent le parcours de Red Rocks.

Voyez-vous, en ne travaillant qu’à l’intérieur dans un gymnase, il est vrai que vous poussez votre corps, mais dans des conditions idéales – salle climatisée et eau fraîche à portée de main — qui ne reflètent pas la réalité des grandes fluctuations de température d’une vraie course. Donc, c’est très bénéfique pour moi de m’entraîner dans des conditions qui se rapprochent de celles que je vais vivre dans la voiture, d’autant plus que les courses auront bientôt lieu en été. Bronte et moi faisons souvent du vélo ensemble et certains jours sont plus difficiles que d’autres. Je résiste mieux à la chaleur que Bronte, bien qu’elle soit forte et en très bonne forme, elle n’aime pas particulièrement la chaleur. Par contre, moi, je suis vraiment habitué à la chaleur grâce au vélo et aussi grâce à mon sauna à infrarouge.

À mon avis, le cyclisme est sans doute le meilleur de tous les entraînements. D’ailleurs, j’adore être dehors et profiter du trajet et surtout être et rester en excellente forme physique. J’ai un autre vélo que je vais partager avec l’un des ingénieurs de l’équipe de course FAZZT, Brendon Cleave. C’est un vélo Time Trial (TT). Puisque Brendon utilise beaucoup de vélo TT, je vais en profiter pour lui prêter le mien afin qu’il puisse l’utiliser lors de ses événements. Entre-temps, j’attends le nouveau vélo que j’ai commandé, le KOM—King of the Mountain, chez Kuota Amérique du Nord (www.kuotanorthamerica.com). Je suis très impatient de le recevoir pour pouvoir le mettre à l’épreuve sur le circuit Red Rock Loop. Avec ce nouveau vélo, j’augmenterai la cadence et j’améliorerai mon cardio et ma forme. J’ai tellement hâte de l’avoir et de m’en servir!

À bientôt,

Alex biking

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Je suis vraiment très fier de l’équipe de course FAZZT!

- 16 mars 2010

Je suis presque sans voix à la suite de notre remarquable présence au Brésil ce week-end. Pour la première sortie en piste de notre voiture #77 Bowers & Wilkins, je crois que nous pouvons tous être fiers de cette course et de ce que nous y avons accompli. Il est logique et prévisible pour une équipe qui en est à sa première année sur le circuit de rencontrer toutes sortes de pépins et de problèmes. Il arrive souvent que ces pannes minent le moral de l’équipe durant un week-end de course.  Ce week-end au Brésil, tout a très bien commencé. Quand nous sommes arrivés, la marchandise était déjà sur place grâce aux membres de l’équipe qui avaient déjà tout installée et préparée pour la première séance d’essai sur piste du samedi. Quand nous sommes sortis sur la piste samedi, il était évident qu’elle était assez glissante et que les organisateurs allaient devoir passer une partie de la nuit à réparer la chaussée afin de permettre une meilleure adhérence. On aurait dit que les voitures se déplaçaient latéralement dans la ligne droite tellement la piste était glissante. Finalement, nous avons quand même réussi à faire les deux premières séances d’essai avant que notre premier accroc du week-end ne se produise. Un bris mécanique est survenu lors du deuxième essai, ce qui a nécessité un changement de moteur. Le problème, c’était qu’il ne nous restait qu’une heure et demie avant la prochaine séance d’essais et qu’en principe, il faut environ 2 heures pour changer le moteur d’une voiture de course Indy. C’est sans compter sur la grande efficacité et la rapidité de l’équipe FAZZT. Les membres de l’équipe ont été à la hauteur, carrément RAPIDE, et ils ont fait honneur au nom FAZZT. Je ne les ai pas chronométrés, mais ce que je sais, c’est que la voiture était prête à temps pour la troisième séance d’essais. Quelle efficacité pour une toute nouvelle équipe! Nous avons donc repris les essais et tout se déroulait bien. Par contre, vu l’état de la piste, les organisateurs ont décidé de reporter les qualifications au dimanche matin pour leur permettre de faire des réparations sur la chaussée durant la nuit. Les organisateurs ont fait du « polissage » sur la partie détériorée de la chaussée et l’état de la piste était mieux dimanche matin. Alors, nous avons fait les qualifications, qui, en série Indy Car, se font selon une formule intéressante pour les pilotes ainsi que pour les fans. Les voitures courent par groupe de 12. Pour chaque groupe, les six meilleurs temps affrontent les six meilleurs temps d’un autre groupe de 12 voitures, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’il ne reste que les six meilleurs temps. Ceux-ci donnent tout ce qu’ils ont pour décrocher la position de tête. Je savais que nous avions une bonne voiture et que nous étions un compétiteur redoutable, mais j’avoue avoir été un peu surpris à la fin de la séance de qualification quand je me suis rendu compte que nous étions sur la première ligne en 2e position. Chapeau à toute l’équipe pour celle-là! C’est incroyable de réaliser tout ce que nous avons pu accomplir en seulement 90 jours depuis que nous avons reçu le matériel et l’équipement. Il est évident que nous avons l’esprit de compétition qu’il faut pour courir parmi les plus grands dans la série. Je suis tellement fier de tous les membres de l’équipe, ils ont travaillé tellement dur. Quand la course a commencé, nous étions déjà très excités, car nous savions qu’une des trois premières positions était à notre portée. Je savais que le premier virage serait difficile (à négocier) – il ressemble beaucoup au premier virage de l’ancienne piste de Cleveland – où tous les coureurs foncent dès que le signal du départ est donné et qu’ils doivent ensuite freiner à fond dans le premier virage; et le premier virage de Sao Paulo ne nous a pas déçus. La chance nous a souri, car nous étions au-devant du peloton, mais un bon nombre de voitures ont été coincées dans le carambolage. Nous sommes restés stables en troisième position pour les vingt-trois premiers tours. Après quelques arrêts de ravitaillement, nous étions en cinquième position. Au 28e tour, j’ai été plus que surpris de voir que toutes les voitures devant moi freinaient, alors j’ai enfoncé les freins et, tout à coup, PAF! Je me suis fait heurter par Dan Wheldon. Je sais bien que ce n’était qu’un accident de course, mais j’étais franchement déçu parce que je savais que nous avions une excellente voiture et je sentais que tout allait bien, et que ce dimanche-là, nous réussirions à atteindre un bon résultat. Mais non, l’accident a mis fin à ma course. Je n’ai rien eu, mais j’étais complètement abattu de terminer ma première course de la saison comme ça. Malgré tout, il faut dire que nous savons tous maintenant que nous sommes très compétitifs et que nous avons ce qu’il faut pour être parmi les premiers. De plus, maintenant nous connaissons mieux les circuits urbains. C’est pourquoi nous en ressortons tous très confiants pour aborder les prochaines courses à St.Petersburg et au Barber Motorsports Park, et en sachant que nous serons encore plus compétitifs. Terminer une journée de cette façon reste quand même décevant, mais je sais que ça fait partie de la course. Je sais aussi que ce genre d’incident peut se produire. Par contre, sachez que nous nous en remettrons et que nous serons prêts pour la course à St.Petersburg. Je veux redire encore, combien je suis fier de tous les membres de l’équipe qui ont si bien travaillé ensemble. Ils ont fait de l’excellent travail! L’avenir est prometteur pour l’équipe FAZZT en 2010.

À bientôt,
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